Site fictif, pour rire : SkyDune Academy n'existe pas et aucun stage n'est proposé. Les avis et les prix sont inventés.
Fondateur · chef pilote

Commandant Youssef

Ancien pilote de chasse, dix victoires aériennes confirmées, vingt ans de brousse au Sahel. Il a fondé SkyDune en 2009 avec un avion, une piste qu'il a tracée lui-même et une conviction : on n'apprend rien quand on n'a pas peur.

9 000 h de vol10 victoires confirméesLicence de pilote « Expert » (délivrée par SkyDune)Vit dans le hangarColt 45 au ceinturon0 vol annulé3 divorces, 3 contrôleuses aériennes
Avant SkyDune

Une carrière dont il ne parle pas

Youssef a appris à voler à dix-neuf ans sur un appareil qu'il refuse de nommer, sur une base qu'il refuse de situer. Il quitte l'armée en 1998, « d'un commun accord, après un malentendu ».

Les dix victoires figurent sur un tableau dans le hangar, sous forme de petites marques peintes. Il n'en commente aucune. Quand un stagiaire insiste, il répond : « Ils ne décollent jamais à temps », et reprend son thé.

Youssef jeune pilote
Le hangar où vit Youssef
Aujourd'hui

Il dort sous l'aile de Mabrouka

Youssef n'a pas de logement. Il vit dans le hangar, dans un hamac tendu entre l'aile de Mabrouka et le mur, pour « entendre si elle a un problème pendant la nuit ». Il affirme pouvoir diagnostiquer une panne moteur au bruit de la tôle qui refroidit.

Il ne lit plus les manuels de vol depuis 2004 : ils servent de lit au chat. Il ne porte jamais de parachute lui-même, par principe. Ses élèves en portent deux. En revanche, il garde en permanence un Colt 45 à son ceinturon, y compris en vol, « pour le souvenir ». Il n'a jamais précisé de quel souvenir il s'agit.

Il dîne seul, à 21 h précises, puis fait un tour de piste de nuit, sans phares, « pour vérifier que la piste est toujours là ».

Météo

Il ne regarde jamais la météo

Youssef prévoit le temps en goûtant le sable. Il n'a jamais annulé un vol. Quand un front de sable arrive, il reste seul sur la piste, bras croisés, pendant que les stagiaires courent vers le hangar : il considère qu'un pilote qui se met à l'abri « a déjà perdu ».

En mars 2024, il a décollé dans un vent de sable pour « aller voir ce qu'il y avait dedans ». Il est revenu quarante minutes plus tard, sans peinture sur le bord d'attaque. Il n'a jamais dit ce qu'il y avait dedans.

Il teste le courage des nouveaux élèves en coupant lui-même le moteur en montée, sans prévenir, puis en croisant les bras. Il ne le rallume qu'au-dessous de cent mètres. Il appelle cela « la conversation ».

Youssef face au vent de sable
Youssef dans sa Mercedes
Au sol

Une Mercedes, un siège éjectable

Youssef se déplace en Mercedes 240D de 1982 dont le siège conducteur a été remplacé par un siège éjectable récupéré « sur un ancien employeur ». La poignée est toujours là. Il affirme qu'elle n'est plus armée, sans en être certain.

Il traverse l'erg à 140 km/h, un verre de thé à la main, sans en renverser une goutte : c'est, selon lui, le seul vrai test de pilotage. Les stagiaires qu'il raccompagne à l'aéroport d'Errachidia arrivent en général avant leur avion.

Il a été marié trois fois, à chaque fois à une contrôleuse aérienne. Aucune ne lui adresse plus la parole, « pour des raisons professionnelles ».

Entretien

« Ils ne décollent jamais à temps »

Propos recueillis dans le hangar, à 21 h 40, entre le dîner et le tour de piste de nuit. Le Commandant a accepté à condition qu'on ne l'enregistre pas. On l'a enregistré.

Commandant, pourquoi avoir fondé une école ici ?

Parce qu'il n'y a personne. Pas de tour, pas d'inspecteur, pas de voisins. Le désert ne porte pas plainte.

Vos élèves sont seuls aux commandes dès le premier jour. Ce n'est pas un peu tôt ?

Le premier jour, c'est déjà tard. Moi, on m'a mis seul dans l'avion le matin, et l'après-midi on m'a dit que j'avais passé l'examen. Je ne savais pas qu'il y avait un examen.

Vous coupez le moteur en vol sans prévenir. Pourquoi ?

Pour voir qui ils sont. Certains crient, certains prient, certains volent. Je garde ceux qui volent. Les autres, je les garde aussi, ils ont payé.

On parle de dix victoires aériennes. Contre qui ?

(Il boit son thé pendant quarante secondes.) Vous voulez encore du thé ?

Et la navigation le long de la frontière ?

C'est de la géographie. Les élèves doivent savoir où elle est. Le meilleur moyen de savoir où est une frontière, c'est de passer très près. Ou un peu dessus.

Vous avez été suivi par un hélicoptère militaire en septembre.

Suivi, non. Accompagné. Il était plus lent que nous. Il a fini par rentrer, je pense qu'il avait faim.

Votre licence n'est plus à jour depuis 2019.

Faux. J'ai une licence de pilote Expert, délivrée par SkyDune. C'est la plus haute qualification de l'école. Je suis le seul à l'avoir. (Il la sort de sa veste : une carte plastifiée, avec sa photo et un tampon de Brahim.)

Pourquoi ce Colt 45 à la ceinture, même en vol ?

Pour le souvenir. (Il pose la main dessus.) Et parce qu'en vol, on ne sait jamais qui on va croiser.

Avez-vous déjà eu peur ?

Une fois. En 2003, le jour de mon premier mariage. Depuis, plus rien.

Un conseil pour les futurs stagiaires ?

Portez votre parachute. Pas pour sauter : pour que je sache que vous avez compris.

Et pour la suite de SkyDune ?

Un deuxième avion. Hassan et Brahim disent qu'il leur manque seulement une aile et un moteur.

« La peur, c'est le moteur. L'avion, c'est un détail. »
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